On le savait depuis longtemps, la snpc, société de la famille Sassou Nguesso, et ses filiales que sont,   la cotrade, la fininco, la sonatrep, intel's, la coraf et zeta, étaient impliquéés dans un immense circuit de pillages des ressources pétrolières du Congo. Depuis 2002, le gouvernement congolais publie des faux chiffres sur le nombre de barils de pétrole que produit le Congo par jour,  la snpc avance un chiffre  de 270 735 barils/jour (soit 98 663 116 barils/an), tandis que la prodution réelle est de 396 894 barils/jour.

sassou_1Des sommes faramineuses transitent tous les jours dans des paradis fiscaux, dans des comptes qui appartiennent au président Sassou, à ses proches, et dont ses enfants. Un système inique et mafieux conçu par le régime qui cache des sommes astronomiques et vertigineuses dans des banques à l’étranger, ou en achetant des entreprises, des villas et des appartements luxueux à l’étranger. L’une des conséquences de ces pillages économiques sauvages, n’est autre que le bras de fer auquel se livre le pouvoir de Sassou et les institutions monétaires internationales.

On se rappellera tous des publications parues dans les journaux américains et français, dont le « canard enchaîné » et de la « fox news », des journaux qui ont mis la lumière sur le train de vie pharaonique de Sassou et de ses proches dans les capitales occidentales. A la lecture de ces pillages sauvages, s’ajoute la publication d’un article sur le fils du président Sassou, le puissant patron de la cotrade Christel Nguesso qui, aurait dépensé des centaines de milliers de dollars de revenus qui seraient le produit de la vente du pétrole de l'Etat pour faire des achats extravagants à Paris, Marbella et Dubaï, alors que le Congo compte parmi les pays les plus pauvres et les plus endettés au monde.
Alors que 70% des citoyens congolais gagnent moins d'un dollar par jour, Denis Christel Sassou Nguesso, à la fois le fils du Président et dirigeant de  la cotrade, la filiale de la compagnie pétrolière familiale  la snpc en charge de commercialiser le pétrole, a dépensé plus de 35 000 dollars en une journée en août 2006 sur des articles de marque comme Louis Vuitton et Roberto Cavalli à Macao.

caniveauxL'audition dans une affaire de justice récente à HongKong a révélé que le solde de la carte de crédit du jeune Sassou, et celui de la carte de Blaise Elenga, ancien avocat de la snpc et actuel numéro deux de la cotrade, ont été payés avec des fonds provenant de compagnies basées dans le paradis fiscal d'Anguilla, Elenga Investment Limited (EIL) et Long Beach Limited. EIL et Long Beach Limited appartiennent respectivement à Blaise Elenga et Denis Christel Sassou Nguesso.

Ces deux compagnies semblent avoir reçu, via d'autres compagnies écrans, des fonds liés à la vente du pétrole congolais. En 2005, le Times publiait une information portant sur l’achat de deux villas de luxueuses à Rio de JANEÏRO au brésil, des villas appartenant à Denis Ngokaka et Christel Nguesso. En plus, en 2004 le président Sassou aurait acheté une villa de plus de 457.000 $ au Portugal, à Bahia.

Ainsi,, dans ce cycle de massacre de l’économie congolaise, un haut fonctionnaire de la république du Congo s’est livré secrètement à des ventes de pétrole à prix réduit à des sociétés privées dont il est lui-même le propriétaire, souligne une nouvelle communication de Global Witness.1 Le scandale qui entoure Denis Gokana, responsable de la compagnie pétrolière d’État ( la Société nationale des pétroles du Congo ou SNPC), soulève des questions inquiétantes sur la sincérité des promesses du gouvernement quant à une réforme du secteur pétrolier corrompu et mal géré, alors même que ce pays africain pauvre réclame à la communauté internationale un allègement de sa dette.

Le document « L’énigme du Sphynx : qu’est-il advenu de l’argent du pétrole congolais ? » décrit la manière dont, depuis 2002, des sociétés appartenant à Gokana ont acheté du pétrole à  la snpc pour un montant au moins égal à 472 millions de dollars US à des prix considérablement inférieurs au prix du marché, pour ensuite le revendre à profit à des négociateurs indépendants.

corruptionSelon la décision récente d’un tribunal britannique, qui a mis la lumière sur ces pratiques criminelles, Sphynx UK, Sphynx Bermuda et l’Africa Oil and Gas Corporation (AOGC) ont été établis par Gokana en 2002 et en 2003 alors que celui-ci occupait le poste de conseiller spécial du Président congolais, Denis Sassou Nguesso, ces sociétés ont continué d’acheter du pétrole à la snpc jusqu’en 2005, après la promotion de Gokana au poste de responsable de la compagnie, contrairement aux propres statuts de la cette société. Denis Christel Sassou Nguesso, le fils de Sassou-Nguesso, a également supervisé les transactions en sa qualité de responsable de la branche commerciale de la snpc.  Ainsi, Global Witness calcule que la perte de revenus potentiels subie par le trésor congolais en raison des ventes effectuées à Sphynx à des prix inférieurs au prix du marché représente environ 197 millions de dollars US pour l’exercice 2003. Par ailleurs, sur une seule vente effectuée en 2005, une autre société de Gokana a gagné plus de 23 millions de dollars. Les bénéfices ont été virés dans les comptes de l’AOGC, une société enregistrée en République du Congo, dont les relevés bancaires n’ont jamais été divulgués. Les tribunaux britanniques ont jugé que ce « voile corporatif » servait principalement à cacher les actifs aux créanciers du Congo, mais rien ne permet de penser que ces bénéfices aient été transférés par la suite dans les caisses du trésor congolais.

Il y a quelques mois, l’AOGC s’est également vu octroyer une participation de 10 % dans une concession pétrolière congolaise, Marine XI, dans le cadre d’un processus d’appel d’offres supervisé par la snpc et dirigé par Gokana. Il est prévu que le bloc sera exploité par SOCO International, une société enregistrée au Royaume-Uni, mais le contrat est contesté par une autre société, Energem, qui a signé un contrat relatif à l’exploitation du bloc avant l’arrivée de Gokana à son poste à
la sncp.

Le République du Congo illustre clairement combien une mauvaise gestion des revenus pétroliers, en plus d’empêcher les pays de s’enrichir, peut instaurer un environnement où règnent corruption et instabilité. Bien que les recettes du pétrole aient rapporté un milliard de dollars en 2004, le Congo reste un des pays les plus pauvres et les plus endettés du monde. Tout le problème repose sur la gestion opaque des revenus pétroliers, qui représentent plus de 70 % du budget du Congo.5 Le gouvernement a promis aux bailleurs de fonds d’introduire des réformes propices à la transparence financière en échange d’un allègement de la dette, et il a publié une grande quantité de données sur les revenus pétroliers. Cependant, ce dernier scandale révèle que le gouvernement congolais n’a pas mis en œuvre les recommandations des auditeurs indépendants selon lesquelles la compagnie pétrolière d’État doit davantage rendre compte de la gestion de la société nationale des pétroles du Congo (snpc). Le gouvernement se doit désormais de mener une enquête publique sur ce conflit d’intérêts flagrant et lancer un audit indépendant de toutes les opérations commerciales offshore. Les bailleurs de fonds internationaux ne devraient accorder aucun allègement de la dette à  la République du Congo tant que les résultats de cette enquête ne seront pas connus. En tant que plus gros créancier bilatéral du pays et qu’auteur de la déclaration du G8 « Lutter contre la corruption et améliorer la transparence », la France devrait montrer la voie à suivre pour promouvoir la transparence afin de veiller à ce que la richesse pétrolière du Congo profite à toute sa population.

Du nouveau dans le pillage économique du Congo, Le gisement de Tilapia a été découvert en 1994 et est désormais co-opéré par la snpc (35%) et Prestoil pour les cinq premières années. Après cette période le permis sera totalement opéré par  la snpc. Tilapia est un gisement très prometteur qui laisse espérer des réserves de 12 millions de barils.

Bon appétit !