Ça pue du pétrole, du bois et des minerais à crever dans ce drame africain, dont les acteurs ne sont autres que des redoutables prédateurs.

jpg_BNP_sassou_copie_bisOn ne les présente plus, tant leur train de vie pharaonique est connu des occidentaux, mais très mal compris en Afrique. Un an après la publication du rapport du CCFD (Comité catholique contre

la Faim

et pour le Développement) "Biens mal acquis profitent trop souvent et le dépôt de la plainte contre 5 dictateurs africains, le reportage analyse le chemin parcouru par la société civile française qui attend toujours les actes d’une vraie rupture avec

la Françafrique.

Après Le Monde, c’est donc France 2 qui évoque clairement l’intrusion du gouvernement dans le travail de la justice, mettant fin à une enquête contre Sassou et Bongo qui devenait trop gênante.

Ca n’arrête plus. Ca ressemble à un acharnement thérapeutique. Après les révélations du journal Le Monde (31 Janvier 08) Bakchich (5 février 08), le journal télévisé de 20 h (France 2 du lundi 3 mars 2008) a enfoncé le clou sur la corruption et le détournement en Afrique. L’émission a insisté sur deux acteurs de choix : Omar Bernard Bongo et Denis Sassou-Nguesso. Mais malgré le tohu-bohu médiatique, les deux chefs d’Etat peuvent dormir du sommeil du juste puisque la plainte de Sherpa, Survie et

la FCD

a été classée sans suite. Et pourtant la valeur les biens meubles et immeubles frise le scandale.

Sans passer par quatre chemins, le lundi 03 dernier au journal de 20h sur France2, il n’a été question que de chiffres colossaux et scandaleux dans ce dossier déjà diffusé le mois dernier. Cette fois-ci, les propos ont été étayés par les témoignages de deux militants de

la FCD

(Fédération Congolaise de

la Diaspora

) Benjamin Moutsila et Olivier Bidounga.

Plus de trente millions d’euros : c’est la modique somme que Bongo vient de mettre dans l’achat de deux maisons dans l’un des quarties les plus chers de Paris. Omar Bernard Bongo déjà détenteur de plusieurs maisons en région parisienne, dans le très bourgeois quartier de l’avenue Foch, vient d’acquérir un appartement de

1500 m2

d’une valeur de 15 millions d’euros et un autre appartement de

2000 m2

estimé à 19 millions d’euros (avant travaux (sic) ; de quoi nourrir pendant 6 mois son pays le Gabon où 70% de la population vit en deçà du seuil de pauvreté.
A ces biens parisiens s’ajoutent ceux de Nice parmi lesquels un appartement dans le quartier huppé de Cimiez, autant de logis où rarement l’heureux propriétaire met pieds.
Une voisine parisienne de Bongo avoue n’avoir jamais quasiment croisé le prestigieux riverain, dictateur à la tête de son pays depuis 40 ans. Selon l’architecte de la nouvelle acquisition immobilière, les travaux se font dans "la grande transparence". Cependant, les gens de maisons qui veillent sur les biens du multi-propriétaire sont d’une prudence de Sioux quand un quidam vient sonner sur l’interphone. Pour vivre heureux, vivons cachés. Mais pouvait-on dissimuler indéfiniment ces richesses mal acquises quand, notamment, les populations des pays concernés croupissent sous la misère tandis que leurs Etats n’arrêtent pas de s’endetter sans pouvoir rembourser ? Le paradoxe a choqué nombre de ONG qui ont décidé de passer à l’offensive.

44ANNIV_PNR_21Malheureusement ce combat semble celui du pot de terre contre le pot de fer. En somme, perdu d’avance. Cependant, David combattant Goliath, Sherpa, Survie et

la Fédération Congolaise

de

la Diaspora

ne désespèrent pas. Le châtiment, cahin caha, finit toujours par atteindre son but.

En matière de détournement et de corruption, Bongo a un concurrent de taille, son beau-père, Denis Sassou-Nguesso, propriétaire de la fameuse villa Suzette et, au total de 18 biens immobiliers.
Le parc automobile n’a pas échappé à la sagacité des associations des Droits de l’Homme : Aston, Bugatti, Ferrari, Mazeratti, Lomborghini, Rolls affichent leur luxe insolent dans les garages des neveux et fils des tyrans.
"Que peut-on faire au Congo avec ce pognon ?" demande le journaliste de la deuxième chaîne :
Benjamin Moutsila et Olivier Bidounga de

la FCD

sont catégoriques : « avec tout cet argent on peut par exemple construire des hôpitaux au Congo. Il n’y pas d’hôpitaux dans ce pays, le seul hôpital n’a même pas d’ascenseurs »
Fin 2007,

la Justice

signifie un non-lieu. L’avocat des associations ne s’y trompe pas :
« la décision de classer l’affaire est éminemment politique ».
Entendez,

la France

ne veut pas gêner ses partenaires africains du réseau françafrique.

Sans vergogne, l’avocat de Sassou précise que c’est « un problème d’Etats africains », s’immiscer dans ces affaires « serait du néocolonialisme ».
Ce n’est pas l’avis du Grand Maître de la loge maçonnique le Grand Orient qui a trouvé indigne d’aller serrer la main à Bongo et Sassou lors d’une convention de ce mouvement à Pointe-Noire (Express du 1er mars 08). Jean-Michel Quillardet, dans un sursaut de conscience ne veut plus se compromettre avec ces brebis noires qui ternissent l’image du mouvement spirituel.
« Je ne voulais pas, précise-t-il, être instrumentalisé par le président Denis Sassou-Nguesso » a indiqué le grand initié.
Bongo passe aussi désormais pour un pestiféré car même si la rencontre avait eu lieu au Gabon le grand maître n’est pas : « disposé à serrer la main d’un certain nombre de gens, fussent-ils maçons ».

Cependant, même boudés par le mouvement maçonnique dont d’ailleurs ils ne respectent pas les valeurs, ce n’est pas ça qui empêchera nos maçons africains d’acheter des maisons en Occident, avec l’argent de leur peuple et avec la bénédiction du nouveau locataire de l’Elysée qui, lui aussi, promit pourtant la rupture avec la françafrique avant son élection.

On oublierait presque les 5 villas luxueuses achetées par le clan Sassou Nguesso, en Juillet dernier à Marbella en Espagne, car

la France

devenant trop gênante.